Onze marques françaises font actuellement l'objet d'au moins une campagne de boycott active, selon notre relevé du 9 mai 2026. Trois d'entre elles (Danone, L'Oréal, et la combinaison de campagnes anciennes/récentes sur le luxe) cumulent plusieurs mots d'ordre simultanés. La majorité fait partie du CAC 40 : huit sociétés cotées sur les onze identifiées.
Cet inventaire ne prétend pas dire si ces boycotts sont justifiés ou efficaces, mais servir de point de départ vérifiable : qui appelle au boycott, depuis quand, sur quel motif précis, avec quelle source primaire à consulter. Pour toute campagne plus large, consultez notre liste complète des 142 campagnes mondiales actives.
| Marque | Motif | Initiateur | Depuis |
|---|---|---|---|
| Alstom | Tramway de Jérusalem | BDS / AFPS | 2008 |
| AXA | Investissements en Israël | BDS / Ekō | 2016 |
| Carrefour | Implantation en Israël | BDS France / AFPS | 2022 |
| Danone | Partenariat Strauss Group | BDS France | 2023 |
| Danone | Pollution plastique des eaux | Break Free From Plastic | 2020 |
| Dior | Exploitation chaîne d'approvisionnement Italie | Procura di Milano | 2024 |
| Hermès | Peaux exotiques | PETA | 2015 |
| Lacoste | Coton du Xinjiang | Save Uyghur | 2021 |
| L'Oréal | Activités en Israël | BDS Movement | 2024 |
| L'Oréal | Tests sur animaux en Chine | Cruelty Free / PETA | 2013 |
| LVMH | Peaux exotiques | PETA | 2015 |
| TotalEnergies | Projet EACOP en Ouganda | Stop EACOP / 350.org | 2021 |
| Veolia | Activités en Cisjordanie | BDS National Committee | 2008 |
Boycott n'est pas synonyme de vérité. Avant de relayer, le réflexe minimal reste : trois sources indépendantes, datées, récentes.
Quatre familles de motifs, une dominante claire
Les 13 campagnes (certaines marques en cumulent plusieurs) se répartissent en quatre grandes familles. La cause palestinienne, structurée autour du mouvement BDS depuis son appel de 2005, domine — c'est aussi la cause la plus organisée à l'international, avec des relais nationaux solides.
Alstom, AXA, Carrefour, Danone, L'Oréal, Veolia
TotalEnergies (×2), Danone
Hermès, LVMH, L'Oréal
Dior, Lacoste
Trois trajectoires types
1. Les vétérans : Alstom et Veolia, ciblés depuis 2008
Les deux campagnes les plus anciennes ciblent des activités d'infrastructure en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Veolia a fini par se désengager de la majorité des contrats litigieux en 2015, mais reste sur la liste BDS pour des activités résiduelles. Alstom continue de figurer dans les communiqués des campagnes BDS européennes en 2024-2025. Quinze ans de campagne, sans fin annoncée.
2. Les récentes : Carrefour et Danone, ciblés depuis 2022-2023
Les campagnes Carrefour (2022) et Danone (2023) marquent une nouvelle vague portée par BDS France et l'AFPS, en réaction à des partenariats commerciaux spécifiques : franchise Carrefour Israël, partenariat Danone-Strauss. Elles ont gagné en visibilité en 2024 sur les réseaux sociaux français, sans que leur impact business ne soit pour l'instant documenté de manière indépendante.
3. Les transversales : Hermès, LVMH, L'Oréal
Les marques de luxe cumulent les angles d'attaque. Hermès est sur la liste PETA depuis 2015 pour les peaux exotiques (crocodile, python). LVMH partage la même critique. Et L'Oréal cumule depuis 2024 une campagne BDS Movement pour ses activités en Israël et, depuis 2013, une campagne menée par Cruelty Free International et PETA pour ses tests sur animaux en Chine — la régulation chinoise imposant des tests jusqu'en 2021 pour la commercialisation locale.
Le cadre juridique en France
Pendant treize ans, l'appel public au boycott de produits étrangers a été pénalisé en France au titre de la provocation à la discrimination, depuis l'arrêt de la Cour de cassation du 28 septembre 2004 (n° 03-87.450) confirmant la condamnation d'Olivier Besancenot. Cette ligne a été renversée par la Cour européenne des droits de l'homme dans l'arrêt Baldassi c. France du 11 juin 2020, qui a jugé que l'appel au boycott relève de la liberté d'expression protégée par l'article 10 de la Convention.
La Cour de cassation française a explicitement aligné sa jurisprudence en octobre 2023. En pratique : on peut appeler à boycotter Carrefour ou Danone pour leurs activités précises, mais on ne peut pas appeler à boycotter les produits israéliens, les produits américains ou les produits d'une religion. La cible doit être une marque ou une pratique précise, jamais une nationalité ou une appartenance.
Comment vérifier qu'une campagne FR est encore active
- Cherchez le communiqué officiel de l'organisateur (BDS France, PETA France, 350.org) daté de moins de 12 mois.
- Vérifiez la position publique récente de la marque : pages corporate, communiqués de presse, rapport RSE de l'année.
- Croisez avec une source presse française (Mediapart, Le Monde, AFP) pour valider que le mot d'ordre n'est pas devenu obsolète.
Que disent les marques concernées ?
Sur les 11 marques de la liste, sept ont publié au moins une réponse officielle aux campagnes (rapport RSE, communiqué de presse, page dédiée). Quatre ont opté pour le silence intégral, ce qui est l'option majoritaire à l'échelle mondiale (62 % des cas selon notre observation des 142 campagnes globales).
Hermès a réagi à PETA en 2015 par un communiqué détaillant ses critères d'approvisionnement et la traçabilité des élevages partenaires. TotalEnergies publie un rapport climatique annuel qui répond indirectement aux campagnes Stop EACOP. À l'inverse, Alstom n'a publié aucune réponse spécifique aux appels BDS depuis 2008, considérant le sujet purement contractuel.
Le silence n'est pas une preuve. Mais une absence prolongée de réponse formelle, après cinq ans ou plus de campagne, traduit généralement une décision interne assumée : ne pas alimenter la controverse, espérer son extinction. Cette stratégie fonctionne quand la campagne reste circonscrite à un cercle militant — elle échoue dès qu'une enquête presse, un changement de régulation, ou une affaire judiciaire la propulse dans l'agenda public général.
À retenir
- 11 marques françaises ciblées par au moins une campagne active en mai 2026, dont 8 du CAC 40.
- Cause dominante : territoires occupés (5 marques), suivie de l'environnement (3), des droits des animaux (3), du travail (2).
- Plus ancienne campagne : Alstom et Veolia, depuis 2008.
- Cadre juridique : licite depuis l'arrêt CEDH Baldassi (2020), tant qu'on vise une pratique, pas une nationalité.
- Méthode de vérification : trois sources indépendantes datées de moins de 12 mois — organisateur, presse française, position de la marque.
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Sources et organisations citées
Questions fréquentes
Combien de marques françaises sont actuellement ciblées par un boycott ?
11 marques françaises font l'objet d'au moins une campagne de boycott active en mai 2026 sur GlobeReviews : Alstom, AXA, Carrefour, Danone, Dior, Hermès, Lacoste, L'Oréal, LVMH, TotalEnergies et Veolia. Plusieurs cumulent plusieurs campagnes (Danone et L'Oréal en ont chacune deux).
Pourquoi autant de groupes du CAC 40 ?
Les grandes multinationales cotées sont à la fois les plus exposées aux activités controversées (chaînes d'approvisionnement mondiales, présence en territoires sensibles) et les plus visibles pour les organisations de campagne. Le CAC 40 concentre 8 des 11 marques de la liste.
Le boycott de Carrefour ou Danone est-il légal en France ?
Oui. Depuis l'arrêt CEDH Baldassi c. France (11 juin 2020), appeler au boycott d'une marque ou d'une pratique est protégé par l'article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme. La Cour de cassation française a aligné sa jurisprudence en octobre 2023. Seul l'appel ciblant une nationalité ou une religion reste illicite.
Comment savoir si une campagne FR est toujours active ?
Croisez trois sources : un communiqué récent de l'organisateur officiel (BDS France, PETA France, Stop EACOP), une enquête presse française datée de moins de 12 mois (Mediapart, Le Monde, AFP), et la position publique de la marque (rapport RSE, communiqué). Si aucune des trois ne confirme, la campagne est probablement dormante.
Quelle est la plus ancienne campagne contre une marque française ?
Deux campagnes BDS datent de 2008 : Alstom (Tramway de Jérusalem) et Veolia (gestion de services en Cisjordanie). Elles sont toujours actives en 2026 — soit 18 ans de mobilisation continue. C'est plus long que la durée de vie de la majorité des produits qu'elles visent.